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Les trois minutes du Grand oral : occuper le temps sans le remplir

2 min de lecture Delphine Lizé

  • Grand oral
  • lycée
  • structure
Illustration au trait d'un orateur au micro face à un public de jeunes

Chaque année, la même erreur revient. L'élève connaît son sujet, il l'a travaillé pendant des mois, et il décide de tout dire. Trois minutes plus tard, le jury a entendu quatorze idées et n'en a retenu aucune.

Le premier temps du Grand oral n'est pas un résumé. C'est une démonstration.

Une idée, pas quatorze

La contrainte est votre alliée. Trois minutes, à un débit d'oral tenable, cela fait environ quatre cents mots. C'est une page. Une seule.

Sur une page, on ne développe pas quatorze idées. On en développe une, et on l'installe assez solidement pour qu'elle résiste aux questions qui suivent.

Le test est simple : si vous ne pouvez pas énoncer votre propos en une phrase sans conjonction de coordination, il n'est pas encore prêt.

Ce n'est pas au jury de faire le tri. C'est à vous.

Trois mouvements

La structure qui fonctionne le mieux tient en trois mouvements inégaux.

L'accroche, quinze secondes

Une situation concrète, un chiffre qui surprend, une question qu'on n'attendait pas. Pas de « je vais vous parler de ». Le jury sait pourquoi vous êtes là.

L'accroche a un seul but : faire lever les yeux. Un jury qui prend des notes en début de passage est un jury qui ne vous regarde pas.

Le corps, deux minutes

C'est là que se joue la note. Deux ou trois étapes, pas davantage, chacune introduite par une transition audible. À l'oral, les transitions ne sont pas du remplissage : ce sont les panneaux indicateurs. Sans elles, l'auditeur se perd et décroche, et il ne reviendra pas.

Une étape utile, c'est :

  • une affirmation, énoncée en une phrase courte ;
  • un exemple qui la rend vraie, tiré de votre spécialité ;
  • une conséquence, qui appelle l'étape suivante.

La chute, vingt secondes

Elle doit être écrite mot à mot et apprise par cœur. C'est la seule partie du discours dont on se souvient à coup sûr, et c'est la seule qu'on rate parce qu'on l'a improvisée en voyant le chronomètre tourner.

Une bonne chute ne résume pas. Elle ouvre, ou elle tranche.

Le reste est du travail de corps

Une fois le texte tenu, tout se joue ailleurs : le regard, les appuis, le silence. Un silence d'une seconde avant la dernière phrase vaut mieux que trois adverbes.

C'est précisément ce qu'on ne peut pas apprendre seul devant un miroir, et c'est pour cette raison que nos ateliers se terminent toujours devant un vrai jury, une semaine après l'atelier d'écriture. Le texte a besoin de ce délai. Vous aussi.

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