Le trac n'est pas votre ennemi
- confiance en soi
- prise de parole
- méthode
« Comment faire pour ne plus avoir peur ? » C'est la première question, à tous les âges, dans tous les groupes. Ma réponse déçoit systématiquement : on ne fait rien, parce qu'il ne faut pas.
Ce que le trac fait à votre corps
Avant de parler en public, votre organisme se prépare comme s'il allait courir : le cœur accélère, la respiration se raccourcit, les mains refroidissent, la bouche s'assèche. Ce sont les symptômes d'une mise sous tension, pas ceux d'une défaillance.
Les orateurs expérimentés ressentent exactement la même chose. La différence n'est pas dans l'intensité du trac, elle est dans l'interprétation qu'ils en font. Là où le débutant lit « je suis en train d'échouer », l'orateur entraîné lit « je suis prêt ».
Ce n'est pas une formule de réconfort. C'est ce qui distingue une personne qui tremble et continue d'une personne qui tremble et s'arrête.
Trois gestes qui marchent vraiment
Respirer par le bas, avant d'entrer
Trois respirations, en comptant quatre temps à l'inspiration et six à l'expiration. L'expiration longue est ce qui fait redescendre le rythme cardiaque. Une expiration courte ne fait rien du tout.
À faire avant de se lever, pas une fois debout devant le public : à ce moment-là, il est trop tard, et cela se voit.
Poser ses appuis
Deux pieds au sol, écartés de la largeur du bassin, poids réparti. Un corps posé envoie un signal de calme à son propriétaire, pas seulement au public.
Le balancement d'un pied sur l'autre, lui, ne trahit pas l'émotion : il la fabrique. Le corps qui bouge sans raison dit au cerveau qu'il y a une raison de fuir.
Donner un travail à ses mains
Les mains sont le premier endroit où le trac devient visible. Leur donner une tâche — tenir une feuille, marquer une énumération, désigner un point de l'espace — les occupe et, au passage, rend votre discours plus lisible.
Une main qui compte « premièrement, deuxièmement » aide l'auditeur autant qu'elle vous aide.
Le seul remède de fond
Tout le reste est cosmétique. Ce qui fait vraiment baisser le trac, c'est le nombre de fois où vous avez déjà pris la parole et où rien de grave n'est arrivé.
C'est pourquoi nos groupes sont limités à douze personnes. À douze, sur une séance de trois heures, chacun passe plusieurs fois. À vingt-cinq, on passe une fois, on a très peur, et on n'apprend rien.
La confiance ne se transmet pas dans un cours. Elle s'accumule, passage après passage.